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« Force, dynamisme, jeunesse »
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Un de mes frères est allé au séminaire et il a vu que ce n’était pas sa vocation. Il a quitté le séminaire et il a continué ses études et s’est marié. Tous ce qui vont au séminaire ne sont pas automatiquement appelés. Mon autre frère Jonas a été curé pendant trente ans à Trois-Bassins.

L’accueil à Madagascar fut bon, on était pris en charge par les frères. Evidemment la séparation fut difficile à cet âgé là. J’ai eu un peu de nostalgie mais j’ai eu l’avantage de m’adapter facilement. On était une trentaine, il y avait des malgaches, des réunionnais, des mauriciens, ils venaient comme moi pour étudier leur vocation.

C’était comme un collège mais religieux. Il y avait la formation religieuse, le catéchisme, les prières. Les prières étaient adaptées à l’âge que nous avions. Nous n’étions pas cloîtré comme les adultes. Mais c’était assez dur, certains ne duraient pas longtemps à ce régime. Nous étudions le français les mathématiques, il faut dire que j’étais assez doué pour les maths. Plus tard j’ai du me consacré davantage aux lettres. On apprenait l’histoire sainte, c’est à dire l’histoire du peuple juif, l’ancien testament. C’était en quelque sorte un résumé de la Bible. On s’attachait à l’événement considéré plus ou moins comme historique, aux personnages marquants de la Bible.

Le cadre de vie.

Nous étions logé dans un dortoir commun. Pour la nourriture il y avait quelques plats malgaches, mais c’était surtout de cuisine métropolitaine. On était sous la coupe des frères de Rodèze, qui étaient venu comme missionnaire à Mada.

Ce sont les frères qui subvenaient à nos besoins, car nos parents étaient incapables de payer une pension. Pour cela ils avaient une vigne près de l’hôpital militaire de Tananarive. Hôpital qui avait une très grande renommée puisque les réunionnais venaient y soigné les maladies les plus graves. Maintenant c’est le contraire. Les frères vendaient le vin et avec le fruit de leur travail ils nourrissaient toute la communauté. Pour ce petit noviciat on ne se bousculait pas au portillon. On se levait à 5h30 pour aller à la messe de 6h30. Plus tard à quinze on se réveillaient à 4h. Le petit déjeuné à 7h. Il y avait un repas à midi et le soir à 7h. C’était régulé comme dans une caserne, on se couchait très tôt vers 8h.Il y avait un mois de vacance en août, vu la distance on les prenait sur place. C’était une autre activité, des travaux manuels, un peu de sortie, des promenades. C’était impossible de revenir à la Réunion, le voyage était trop cher. Ce qui fait que j’ai quitté la Réunion à douze ans et je n’y suis retourné que vers 25 ans.

Les débuts.

Après le noviciat j’ai réussi au brevet élémentaire et j’ai pu ainsi enseigné. Dès 18 ans j’ai commencé à enseigner à Tamatave. J’y suis resté 16 ans. J’ai commencé par le cours préparatoire en 1940 dans une école de frères, école qui était libre. Il n’y avait pas de maternelle. Lorsque je suis arrivé j’ai trouvé une école primaire et quand je suis parti j’avais instauré un cours complémentaire. Je suis arrivé comme enseignant et quand je suis parti j’étais directeur de l’école et de la communauté des frères de Saint-Joseph de Tamatave.L’enseignement m’a plu dès le départ. Je me suis consacré entièrement aux enfants.A6h30 on conduisait les enfants à la messe.

J’aime beaucoup les enfants, cela m’intéressait de les dégrossir pour qu’ils deviennent plus tard des hommes. On mettait un point d’honneur à lire et à calculer. A l’époque on ne quittait pas le cours préparatoire si on ne savait pas lire ou écrire. Les matières enseignées étaient les même qu’aujourd’hui. J’ai appris à enseigner toutes les matières, sauf les langues étrangères. J’enseignais aussi bien le français, les maths, les sciences, l’histoire géo. Il n’y avait pas de professeurs pour chaque matière. J’ai pris les enfants pour les préparer au brevet élémentaire. J’étais un enseignant autoritaire, on disait même que j’étais sévère. J’exigeais le travail cela il n’y avait pas de doute. Cette sévérité venait de la formation que nous avions reçue. Il ne fallait pas que les enfants nous montent sur les pieds. On était des maîtres en classe et pas des décimètres. Aujourd’hui il me semble que c’est les enfants qui commandent.

J’étais enseignant mais également frère des écoles chrétiennes, je dépendais de la communauté pour tous mes besoins. Un religieux n’est pas payé, il n’a pas d’argent à lui, j’étais nourrit loger et vêtu. On pouvait s’en sortir car on n’avait pas de grandes dépenses, on n’allait pas au cinéma tous les soirs. Vous n’avez peu être pas idée de ce qu’est une communauté religieuse. Ce sont des hommes et des femmes qui vivent ensemble et mettent tous en commun. Le vêtement que je portais ne m’appartenait pas. Quand j’avais besoins de quelque chose je le demandais au responsable. La vie religieuse est une vie de renoncement, on ne fait pas de caprices. On se donne au seigneur, aux personnes, à son activité sans attendre de récompenses, de faveur. C’est le désintéressement le plus absolu du profit.

Les vacances je les passais en communauté, on allait se promener mais se n’était pas toujours le cas. On avait des activités surtout relatives à l’école. On profitait pour lire davantage, pour préparer la classe. Il fallait aussi préparer matériellement la classe. On n’avait pas de fortune il fallait donc bricoler pour la propreté et la peinture des tableaux. Les vacances étaient assez studieuses

L’apprentissage.

On a toujours envie d’apprendre mais c’est le temps qui vous manque Il faut d’abord accomplir sa mission Le professeur apprend toujours quelque chose, il professe Il n’arrive pas comme cela devant ses élèves, il faut qu’il ait préparé ses cours, cela suppose du travail Le métier d’enseignant est très fatiguant Avant il y avait plus de devoir à corriger, la mission d’enseignant était prenante, nerveuse. Dans l’enseignement privé les enfants sont les même que dans le public. La nature humaine est la même. Seulement suivant la formation qu’on leur donne il y a des réactions différentes. Les enfants à mon égard étaient très respectueux. Tous les enfants ont des défauts mais ils ont aussi des qualités. Il s’agit de les prendre comme il faut pour les faire avancer. Le choix de l’enseignement était une question de vocation. Certaines personnes sont pour une vie contemplative, ils se retirent dans les monastères et les cloîtres. D’autres se consacrent à Dieu et à leur prochain. C’est Dieu qui appelle et qui donne les aptitudes à enseigner. Chez les frères il y avait plusieurs activités possibles, pour moi se fut l’enseignement. Je n’ai jamais eu le désir d’une vie cloîtré. Dans l’enseignement la formation chrétienne prenait une grande place, mais cela ne voulait pas dire que nous faisions de la religion tout le temps. Il y a une façon de parler qui témoigne de Jésus Christ. Toute la journée on forme des chrétiens. Le comportement des parents fait que l’enfant est dans un milieu chrétien ou païen. Dans l’enseignement laïque on ne parle pas de Dieu. Quand j’étais à l’école laïque à Saint-Joseph on voyait bien les professeurs qui étaient chrétien, dans leur façon de parler, d’écrire, il y avait des valeurs qui les guidaient, les animaient.

On enseignait en français, malgré ces années passées à Mada je n’est pas pu apprendre la langue, c’est un tort de ma part. Je n’est pas pu visité toute l’île également

Les malgaches sont très fervents comme chrétien. La mentalité est différente mais il n’y a pas a porté de jugement de valeur. Il faut comprendre la personne et s’adapter à elle. A l’époque il y avait beaucoup de vocation religieuse et sacerdotale à Mada. C’était assez dynamique. Dans la grande île il y avait plus de protestants car elle avait été occupée par les anglais. La religion protestante s’est implantée avant la religion catholique. Il y avait une forte communauté réunionnaise à Tamatave et à Tananarive. La Réunion avait fondé l’institution de la SAKAY mais cela n’a pas duré longtemps. Des colons réunionnais exploitaient de vastes propriétés avec l’aide des malgaches. Au moment de la révolte des malgaches après la guerre j’étais à Tamatave. Ce n’était pas tous les malgaches qui ce sont révoltés. Ils ont été poussés, manoeuvré. C’était assez inquiétant, aux abords de la ville des gens s’étaient dressés, fanatisés par des sorciers. Ils voulaient foncer la poitrine nue, croyant que leurs gardes corps leur protégeraient. Ils ont été décimés par les mitrailleuses. Ils voulaient l’indépendance. Ils luttaient contre la présence française mais pas contre la religion. Il n’y a pas eu de massacre de chrétien.

Les frères font le service comme les autres. Mais moi je ne l’ai pas fait car j’ai été reconnu comme inapte. J’étais à Tamatave quand j’ai passé le conseil de révision. Je crois qu’il y a eu des manoeuvres, des manigances pour me faire exempter. Les saints ont été assez complaisant, c’est l’impression que j’ai eu, je n’était pour rien dans l’affaire. Mes supérieurs avaient besoin de professeurs alors... A l’époque quand j’ai passé mon baccalauréat il y avait deux établissements d’enseignement secondaire à Mada. Le lycée de Tananarive et puis le collège tenu par les jésuites. J’ai passé le bac tout en enseignant. Je l’ai préparé et je l’ai passé en candidat libre.

La licence d’histoire géographie.

J’ai fait une licence mention histoire. On était centré sur l’histoire du Moyen Age, des Temps Modernes et sur l’histoire ancienne. C’était dur de reprendre à un certain âge. Seulement comme j’enseignais, je me suis toujours entretenu. Cela n’a pas été particulièrement pénible.

Je n’est pas choisit la géographie car j’étais faible en dessin. En étudiant l’histoire, j’ai étudié l’expérience des autres. C’est la mémoire indispensable pour aller de l’avant. Si l’on ne tient pas compte du passé on va n’importe où. A Un moment donné on a négligé l’enseignement de l’histoire, c’est une erreur pour la formation. Il me semble que cela est important. L’histoire nous fait connaître le présent et nous l’avenir. IL n’y a pas de discontinuités mais il y a des transformations. A partir de l’acquis on peut plus facilement faire face à l’actualité. L’homme reste toujours le même si y a des aspirations qui peuvent le faire changer. Dans l’histoire se n’étais pas les dates qui m’intéressait mais les hommes, l’évolution des mentalités, les religions et les civilisations. On ne peut pas tout apprendre en licence, on doit acquérir une méthode et surtout il faut avoir le désir de connaître, de chercher, de découvrir. La foi n’a pas évolué dans l’histoire,  aujourd’hui elle se fond d’avantage.

Les professeurs que j’ai eu étais des hommes remarquables. Ils ne cherchaient pas à critiquer comme des imbéciles qui juges les faits du passé comme s’ils étaient actuels. Evidemment si vous voyez un fait du passé et que vous le jugez avec la mentalité d’aujourd’hui, se sera abominable. Il faut voir les choses dans son contexte. Cela ne veut pas dire que ce n’était pas vrai, non, rien n’est parfait. Mais on se garde bien de vilipender tel ou tel événement quand on ne le comprend pas. Il ne faut pas juger sans comprendre et connaître. Il y a des erreurs, elles ont été commises, maintenant comment enseigner, former les mentalités pour que cela ne se reproduise pas.

Mes professeurs ont exposé les faits avec bienveillance. Comment voulez vous enseigner l’histoire du Moyen Age en critiquant l’Eglise, s’est impossible. C’est l’Eglise qui a formé notre nation, ainsi que la mentalité. Sans l’Eglise où en serait-on. Si on a étudié on voit le travail profond que l’Eglise a accomplit pour la culture humaine, pour l’évolution de l’humanité, pour le bien être de l’homme. La religion est un humanisme en définitive. Si vous assimilez bien la foi tout est à votre profit.

En licence à la faculté de Strasbourg, j’étais encore frères des écoles chrétiennes. Je logeais dans une communauté de frères à Rennes. J’allais à la faculté tout en donnant des cours à l’école où j’étais hébergé. Mon emploi du temps était assez occupé, en vieillissant je crois que l’on a encore plus de travail.

Le ministère.

Plus tard j’ai été nommé sous maître des novices à Ambositra. Au noviciat on éduque les jeunes, on les forme à leur ministère de demain. Il y a un maître des novices et quelques fois un second, cela dépend de l’importance du noviciat. Je n’ai pas demandé cette charge on me la confiée après ma nomination à Saint-Pierre. Ce sont des missions que la congrégation confie à tel ou tel, selon ses compétences et les besoins. Si le sujet trouve qu’il n’est pas apte, il fait valoir ses objections aux supérieurs qui en dernier lieu décide. Le religieux fait voeux, il s’engage devant Dieu à l’obéissance. Il faut obéir aux supérieurs quelque soit les circonstances. Même quand cela ne vous plaît pas d’aller tel endroit plutôt qu’un autre. Le religieux fait voeu de pauvreté et renonce au mariage.

Pour la formation des religieux il y a un enseignement approprié suivant les règles de la congrégation à laquelle ils appartiennent. Il faut former le jeune à cette discipline religieuse et spirituelle. Formation au terme de laquelle le jeune est admis ou pas a s’engager dans la congrégation selon ses dispositions et sa volonté. Il est libre de sans aller. On le met au courant de ce que la congrégation lui demande, la vie qu’il aura a mené. On l’habitue à cette vie de sorte qu’il ne pourra pas ensuite se plaindre de quoi que se soit car il aura été mis au courant.

Chaque congrégation a ses exigences particulières. Par exemple il y en a qui s’occupe des malades. Les frères sont plutôt tournés vers l’enseignement. Mais ils ne rejettent pas les malades. Dans notre communauté il y avait ceux qui s’occupaient de la cuisine, du ravitaillement etc. C’était une vie de famille, les taches étaient partagées. De sorte que celui qui enseigne peut se consacrer totalement à son travail.

Je ne suis jamais retourné à Madagascar car lorsque j’ai quitté Tamatave c’était une ville très coquette et j’ai appris que cela s’était dégradé. Je voulais en garder un bon souvenir.

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La vie au séminaire.
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